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Ce qu'on change, et ce qu'on regrette

Les plantes d’extérieur meurent surtout en hiver, pas en été

Avatar de Hortense Lavallois

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Chaque été, on surveille l’arrosage comme si la chaleur était le principal danger pour les plantes du balcon ou de la terrasse. Chaque hiver, on les oublie dans un coin, persuadé qu’elles n’ont besoin de rien tant qu’il ne gèle pas trop fort. C’est pourtant l’hiver qui tue le plus de plantes en pot, pas l’été.

Pourquoi le pot change tout en hiver

En pleine terre, les racines d’une plante sont protégées par la masse du sol environnant, qui limite les variations brutales de température. En pot, les racines sont bien plus exposées : le contenant refroidit rapidement, et le gel peut atteindre l’ensemble de la motte en une seule nuit froide, bien plus vite qu’en pleine terre. Une plante réputée rustique en pleine terre peut ainsi geler en pot, alors qu’elle aurait résisté sans dommage plantée directement au jardin.

Cette notion de résistance au froid, ce que l’on appelle la rusticité d’une plante, ne s’applique donc pas de la même façon selon qu’elle pousse en pleine terre ou en contenant, une nuance souvent ignorée au moment de l’achat.

L’autre danger de l’hiver : l’excès d’eau

Le second danger hivernal n’est pas le froid lui-même, mais l’humidité stagnante. Une plante qui reçoit peu de lumière et pousse peu en hiver a besoin de beaucoup moins d’eau qu’en été, alors qu’on continue parfois à l’arroser par habitude. L’eau qui stagne dans un pot mal drainé, combinée au froid, pourrit les racines bien plus sûrement qu’un simple coup de gel.

Trois gestes qui suffisent

Réduire fortement l’arrosage dès que la croissance ralentit à l’automne, surélever les pots pour garantir un drainage réel plutôt que de les laisser directement sur une surface qui retient l’eau, et rassembler les pots les plus sensibles contre un mur abrité plutôt qu’en plein vent : ces trois gestes, sans matériel particulier, évitent l’essentiel des pertes hivernales.

Pour les espèces les plus fragiles, un simple voile d’hivernage autour du pot, ou un rapprochement contre la façade la mieux exposée, suffit souvent là où une pièce intérieure réclamerait un aménagement plus complexe pour un résultat comparable.

Le pot lui-même joue un rôle

Le matériau du contenant change la donne face au gel. Une terre cuite fine, poreuse, absorbe l’humidité ambiante et peut se fissurer sous l’effet du gel, la même eau qui se dilate en formant de la glace à l’intérieur même de la paroi du pot. Un pot en plastique, en résine ou en terre cuite épaisse et bien cuite résiste mieux à ce phénomène, même s’il protège un peu moins bien les racines de la variation de température que la masse d’un grand pot en pierre. Choisir un contenant adapté au climat de la région, autant qu’à la plante qu’il accueille, évite de perdre à la fois le pot et la plante à la première vague de gel un peu sévère.

Un pot posé à même le sol froid perd également de la chaleur par le dessous, un phénomène qu’une simple cale en bois ou quelques pieds surélevés suffisent à limiter, en créant une lame d’air isolante entre le pot et la surface gelée.

Un réflexe à inverser

La vigilance qu’on réserve instinctivement à l’été mérite d’être déplacée vers l’automne et l’hiver, au moment précis où l’on a tendance à relâcher l’attention. C’est ce déplacement de vigilance, plus que n’importe quel geste technique, qui explique pourquoi certains jardins de balcon traversent les hivers sans perte, année après année.


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