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Ce qu'on change, et ce qu'on regrette

Une cloison se perce après avoir cherché ce qui passe dedans

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Une perceuse ne fait pas la différence entre du plâtre vide et un câble sous tension. C’est à celui qui la tient de la faire, avant d’appuyer sur la gâchette, pas après avoir senti une résistance inhabituelle.

Ce qui circule dans une cloison, sans se voir

Une cloison, même récente, peut contenir des câbles électriques qui alimentent une prise ou un point lumineux du mur voisin, une canalisation d’eau qui dessert une pièce d’eau adjacente, parfois une gaine de ventilation. Rien de tout cela n’est visible de l’extérieur, et rien ne garantit que le tracé suive une ligne logique : un câble peut très bien remonter, redescendre, ou traverser une cloison en diagonale selon la façon dont l’installation a été faite à l’origine.

Les installations électriques réalisées selon les règles de l’art suivent des zones dites « de passage privilégié », autour des interrupteurs et des prises, un principe qui relève des normes encadrant les installations électriques domestiques, dont la conformité est signalée par la marque NF sur le matériel utilisé. Mais une zone privilégiée n’est pas une garantie absolue, surtout dans un logement ancien remanié plusieurs fois.

Trois vérifications avant le premier trou

La première vérification consiste à repérer, si possible, les points connus : interrupteurs, prises, arrivées d’eau visibles de part et d’autre de la cloison. Un câble ou une canalisation part rarement d’un point invisible pour aboutir à un autre point invisible : ils relient presque toujours des éléments repérables.

La deuxième consiste à utiliser un détecteur multifonction, qui repère à la fois le métal, le bois et, pour certains modèles, les câbles sous tension. Ce n’est pas un outil réservé aux professionnels : il coûte peu et évite l’essentiel des mauvaises surprises.

La troisième, la plus simple et la plus souvent négligée, consiste à percer progressivement, en s’arrêtant dès la première résistance inhabituelle ou dès qu’une poussière de couleur différente apparaît, plutôt que d’enfoncer la mèche d’un geste continu jusqu’à la profondeur prévue.

Ce qu’une erreur coûte réellement

Un câble électrique percé n’est pas qu’une réparation à prévoir : c’est un risque immédiat pour la personne qui tient l’outil. Une canalisation d’eau percée, elle, peut rester invisible plusieurs jours avant qu’une tache n’apparaisse sur la cloison ou le plafond de la pièce du dessous, avec des dégâts largement supérieurs au coût d’un détecteur. Dans les deux cas, le temps gagné en sautant la vérification ne pèse rien face au temps perdu à réparer.

Cloison pleine, cloison creuse : deux logiques différentes

Une cloison en briques ou en béton cellulaire ne se perce pas de la même façon qu’une cloison en plaques de plâtre montée sur ossature métallique. Dans une cloison pleine, une fois les réseaux repérés, la matière reste homogène sur toute la profondeur du trou. Dans une cloison creuse, la mèche traverse d’abord une plaque, puis un vide, avant de rencontrer éventuellement un montant métallique ou un réseau qui longe l’intérieur de la cloison : le bruit et la résistance changent nettement d’une couche à l’autre, ce qui explique pourquoi il faut avancer plus lentement dans ce type de paroi, où un réseau peut se trouver n’importe où dans l’épaisseur du vide.

Cette différence de structure change aussi le choix de la cheville à utiliser une fois le trou fait sans incident : une cheville classique tient mal dans le vide d’une cloison creuse, alors qu’elle suffit largement dans une cloison pleine. Mais cette question de fixation ne se pose qu’une fois la vérification de sécurité faite, jamais avant.

Un réflexe à garder pour toute fixation

Ce réflexe vaut pour une étagère comme pour un meuble suspendu plus lourd : mieux vaut vérifier ce qui passe dans une cloison avant de choisir le système de fixation le mieux adapté à son poids, plutôt que l’inverse. Percer sans vérifier, c’est parier que rien ne passe à cet endroit précis ; vérifier avant, c’est ne plus avoir à parier du tout.


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